Teiva ou le prince des îles

Teiva Hunter est né en France métropolitaine mais passe son enfance dans les îles, bercé par  des sonorités exotiques, entre percussions et ukulélé. D’abord à Tahiti, en Polynésie Française, puis à la Réunion avant de revenir à Tahiti vivre son adolescence. Chaque départ au gré des mutations de ses parents est une annihilation de tout ce que Teiva connait vers un recommencement total.

Cette fatalité, le jeune Teiva la vit comme une étape obligatoire, normale. Pourtant, le sentiment d’exil et de déchirement propre aux expatriés s’installe peu à peu. La perte de repères fait naître en lui un regard philosophe et poétique sur la société actuelle, qui se retrouve aujourd’hui en substance dans sa musique.

Dès l’âge de 6 ans, il découvre le solfège, le piano et le chant. Plus tard, c’est auprès d’un professeur de musique tahitienne qu’il se forme à la guitare et compose ses premiers refrains. Sur les quais du port de Papeete, dans la douceur du Pacifique, il apprend à explorer toutes les possibilités qu’offre cet instrument et découvre la simplicité de quelques accords, pouvant faire naître de grandes mélodies, qu’il fait désormais siennes. Cette formation artistique marquera l’approche musicale de Teiva qui depuis, continue à mettre en lumière les sonorités polynésiennes au sein de ses créations. Son lien avec ces terres reste désormais indéfectible et définit une partie de son être, de sa pensée et bien sûr de sa musique.

Interviewé récemment par le magazine Homme de Polynésie qui lui demandait sa définition d’un homme polynésien, Teiva soulignait que « Derrière nos caractères heureux et humbles se cachent une grande puissance et une philosophie de vie. C’est précisément cette surprenante ambivalence qui fait de nous ce que nous sommes ».

Teiva Hunter s’envole ensuite vers la métropole, puis l’Irlande, pour faire ses études, sans jamais laisser la musique de côté. Il chante pour des amis, accompagné d’une guitare et, sous leurs conseils, publie ses premières reprises et compositions sur Youtube.

Autodidacte, il apprend par ailleurs les techniques du son, l’arrangement et le mixage qui lui permettent de donner vie à ses premières compositions. Cette technicité influence son rapport à la création, marquée par cette volonté féroce d’un perfectionnement permanent et d’une exigence envers son propre travail.

"Quoique vous décidiez de faire, il faut que ce soit une question de vie ou de mort.

 

RILKE

Teiva partage le même sentiment que Rilke. La musique est pour lui une nécessité plus qu’un choix, une rigueur certaine plutôt qu’un simple divertissement.

Les gens qui le connaissent savent qu’il s’inflige régulièrement des semaines sans musique, pour se créer un douloureux manque qui le pousse ensuite à composer.

Ainsi, il passe souvent à côté d’artistes majeurs ou de sorties de disques importantes, ce qui lui vaut d’être regardé comme un ovni par ses collègues musiciens lorsqu’il s’agit de parler musique.

Quand on lui demande ce qu’il aime écouter, Teiva répond : « je ne suis absolument pas élitiste, car j’écoute la musique avec mon ventre et non avec mon esprit. Ainsi s’invitent dans mon salon des stars comme Ozuna ou Soolking, mais aussi des groupes de rock moins connus comme Nada Surf ou bien des mixtapes de reggae-dub d’artistes qui n’ont jamais percés ».

Teiva compose en français et en anglais. Mais fier de son identité et comme un retour aux sources, un ancrage, c’est exclusivement en français qu’il s’exprime dans son premier EP, qu’il a intégralement enregistré dans son propre studio près d’Annecy.

Un EP inspiré des sonorités de son enfance qu’il distille avec passion dans ses morceaux. Des instruments polynésiens ou des cris Maoris s’invitent dans les mélodies pop avec l’objectif de faire danser, chanter, rêver. Comme un souhait de retrouver des repères perdus dans le passé.

Ainsi naît en cet automne 2020 un premier EP. Et vous avez deviné son nom:

 

Exilé.

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